La cannabis pendant la crise sanitaire

24/05/2021

Malgré la crise sanitaire, le commerce illégal du cannabis en France n'a pas cessé de fonctionner. Il s'est même réinventé et adapté à la situation.

Mais quelles en sont les conséquences ?

Cela fait maintenant bientôt deux ans que le COVID 19, ayant eu un impact mondial contraint étroitement la population à vivre confinée, privée d’activités et de liberté. Parallèlement à ça, la légalisation du cannabis devient une réelle interrogation en France. Mais quelles sont donc les corrélations entre restriction et consommation ?

Les contrôles et fermetures des frontières ne font évidemment pas bon ménage avec l’importation et le trafic de cannabis. Le champion Européen de consommation de la plante se voit donc « puni » par les mesure mises en place. Les trafiquants doivent innover et trouver de nouvelles solutions pour s’approvisionner en période de confinement.

Les consommateurs réguliers ont pu remarquer une réelle hausse des prix du cannabis qui allaient jusqu’à doubler. La plupart des dealers qui se ravitaillaient eux-mêmes en Belgique ou au Pays-Bas ont dû mettre un terme à leurs déplacements à cause des mesures de confinement imposées pour limiter au maximum la propagation du virus. Cela représentait aussi un certain risque pour eux dans la mesure où le contrôle de voitures devenait de plus en plus récurrent. En conséquence, les vendeurs ont été dans l’obligation de poursuivre leur activité en s’appuyant sur leurs stocks. Une baisse de l’importation a donc résulté en une hausse des prix. A Marseille par exemple, les 100 grammes de cannabis sont passés de 280 à 500 euros en une semaine.

De plus, le marché commence à se faire de plus en plus rare en prison où 20 grammes peuvent se vendre à 500 euros. Dans le milieu carcéral, la consommation de cannabis frôle les 35%. Le coronavirus a causé la suspension des parloirs ce qui a engendré plusieurs mutineries. Les difficultés à se procurer de la drogue ont eu un impact quant à l’apparition de violences.

Le cannabis est de très loin le produit illicite le plus consommé en France. La drogue peut aussi provenir du Maroc en transitant par l’Espagne. Les deux pays ayant fermés leur frontières maritimes et terrestres lorsque le coronavirus et ses conséquences se sont intensifiées, l’acheminement des marchandises était devenu difficile, voire impossible.

Sur le terrain, les dealers ont dû faire preuve de beaucoup d’imagination pour continuer à faire tourner le business. Ils pouvaient donc donner rendez-vous à leurs clients dans des tabacs ou des supermarchés, seuls commerces alors encore ouverts. Le concept de « joggeurs » ou « livreur à vélo » s’est aussi développé par soucis de précaution et de discrétion.

Cependant, les perturbations dues à la crise sont devenues source de tensions dans les quartiers difficiles. En effet la pénurie a mis de côté tous les « petits trafiquants » est impacter économiquement 200 000 personnes travaillant pour ces réseaux.

Malgré toutes les restrictions mises en place, les consommateurs n’ont pas eu de mal à se procurer leur drogue même si une légère baisse de la vente a été remarquée : « 67 % des usagers de cannabis en ont acheté durant le confinement contre 78% en temps ordinaire