La Jamaïque, pilier de la "ganja" en pleine pénurie ?

10/06/2021

Une surprenante pénurie dans un pays phare de la "fumette" ?

Quand on parle de la Jamaïque, on pense évidemment à Bob Marley, le reggae et surtout l’herbe, la marijuana ou plus traditionnellement appelé la « ganja » là-bas.

Le pays apparaissant comme très attractif pour les amateurs de cannabis a néanmoins considéré la substance comme illégale pendant très longtemps, surprenant pour un des précurseurs du secteur. Elle l’est d’ailleurs toujours en grande partie et les lois y restent assez restrictives.

Cependant, ces derniers temps le marché a connu beaucoup de difficultés. Des circonstances climatiques rudes ont mis en péril la production et la vente de cannabis. L’an dernier, de fortes pluies ainsi que la saison des ouragans sont apparues, ravageant donc la quasi-totalité des plantations. Suite à cela, faute de chance, une période de sècheresse extrême a fait son apparition, brulant donc le reste des plantations. C’est ainsi que des dizaines de milliers de dollars sont partis en fumée selon une estimation des producteurs.


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La production a dû également faire face au Covid et surtout à ses restrictions. L’activité étant illégale, les producteurs avaient pour habitude d’exercer et de s’occuper de leurs plantations exclusivement la nuit. Malheureusement pour eux, le couvre-feu a été mis en place à 18h, rendant donc l’accès aux champs bien plus compliqué et risqué. D’un autre côté, les consommateurs ont été amené à rester plus chez eux, et se retrouvait donc face à une offre en constante baisse qui ne parvenait plus à répondre aux besoins de la population consommatrice croissante.

L’année précédente, le cannabis a finalement été dépénalisé, provoquant donc un pic de consommation. Face aux freins auxquels la production a fait face, l’agence gouvernementale pour la culture légale du cannabis (seulement médical) a soutenu le fait que « l’industrie réglementée jamaïcaine n’est pas touchée par cette pénurie ». En effet, cela résulte de la forte impopularité que connaissent les maisons d’herbe appelées « herb houses » auprès de la population locale, jugées bien trop chères. L’herbe peut être trouvée 5 à 10 fois moins chère dans la rue, pour une qualité similaire voire supérieure. La substance est donc hors de portée pour beaucoup dans un cadre légal.

Ainsi, les nouvelles lois jamaïcaines sur le cannabis et le confinement en période de pandémie ont mené à une augmentation de la consommation de la plante qui n’a pas pu être alignée à l’offre proposée.