La législation de la culture au Maroc

29/05/2021

Alors que le Maroc se trouve être le producteur n°1 dans le domaine, où en sont-ils concernant la législation de la plante ?

Le 26 mai 2021, les députés marocains ont fait passer une loi, autorisant l’usage de cannabis à des fins thérapeutiques. Le texte sur « les usages licites du cannabis, médical, cosmétique et industriel » a été adopté par la chambre des représentants avec 119 voix sur 167. L’usage récréatif reste cependant interdit.
Le premier producteur mondial de haschich met en place un projet de loi dans la continuité du premier : « reconvertir les cultures illicites destructrices de l’environnement en activités légales durables et génératrices de valeur et d’emploi » en créant une agence nationale de régulation. Seuls les députés du Parti justice et développement ont voté contre ce texte dans la mesure où il pourrait représenter un risque de précipitation et d’exploitation pendant les campagnes électorales qui auront lieues en septembre et en octobre.

Tout cela représente un réel enjeu pour ce pays déclaré premier producteur de résine de cannabis par l’Office des Nations unies en 2020. Environ 55 000 hectares ont servi à la culture du cannabis en 2019. Les avantages qui font du Maroc le leader dans le domaine sont son écosystème adapté, un savoir-faire imprégné dans la culture des agriculteurs et la proximité d’un marché en constante évolution. Selon une étude sortie en 2020 du réseau indépendant Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisé, la production de résine s’élevait à plus de 700 tonnes par an avec une valeur estimée à environ 19 milliards d’euros.

La loi éventuelle prévoit donc de contrôler toute la chaine de production de l’importation jusqu’à la commercialisation de la substance, de mettre en place des périmètres réglementaires ainsi que des coopératives d’agriculteurs autorisés avec des plants certifiés et un certain contrôle du taux de THC, molécule psychoactive de la résine.

La mise en place de cette loi représente un énorme potentiel économique pour le Maroc. En effet, les petits cultivateurs illégaux ne touchent que 4% du chiffre d’affaires final contre potentiellement 12% dans le cadre d’un marché légal. Cette activité permet de faire vivre environ 400 000 personnes. Ainsi, il s’agirait pour eux d’une opportunité de réintégration sociale, d’une amélioration de leurs revenus ainsi que d’un projet de développement et d’expansion. Les cultivateurs restent tout de même partagés, certains ont l’espoir d’une opportunité économique et de légalité, d’autres se questionnent sur le niveau de contrôle dont ils seront sujets et sur le partage des gains.

C’est le commencement de la fin d’un tabou politique et national annonçant de nombreuses perspectives d’expansion.